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  • Quelques mots brefs sur qui je suis, d'oĂč je viens et oĂč je tends aller.

    Je suis éducatrice en Santé, auteure, nonne, et formatrice en Ayurveda depuis 2013.

    L'AyurvĂ©da n'est pas mon mĂ©tier, l'Ayurveda est mon Dharma, ma quĂȘte de vie, de sens, de sagesse et de santĂ©.

  • DU CANCER À L'AYURVÉDA

    Laissez-moi vous raconter mon histoire, car sans le Cancer, l'Ayurveda n'aurait jamais Ă©tĂ© aussi prĂ©sent dans ma vie. J'ai rencontrĂ© le Cancer Ă  trois reprises, et c'est grĂące Ă  ces Ă©preuves que mon parcours en Ayurveda s'est approfondi, devenant Ă  la fois personnel et acadĂ©mique. Je tĂ©moigne pour inspirer les autres, pour partager mon expĂ©rience et encourager ceux qui sont dans une situation similaire. J'ai choisi de transmettre les enseignements de l'Ayurveda afin qu'ils puissent ĂȘtre bĂ©nĂ©fiques pour d'autres personnes. J'accompagne les individus dans leur parcours d'auto-guĂ©rison, tout comme j'ai Ă©tĂ© soutenue moi-mĂȘme. Cette histoire est celle d'une rencontre entre le Cancer et ma passion pour l'Ayurveda.

     

    Je m'appelle Armanda Dos Santos, je suis thérapeute et formatrice en Ayurveda, et ceci est ma Méthode, inspirée par l'étude, et mon vécu personnel.

     

    Entretien rĂ©alisĂ© par CĂ©line Baltide 

     

    1. Bonjour Armanda, peux-tu me raconter ta rencontre avec l’Ayurveda et ton cheminement en Medecine jusqu’à aujourd’hui ? 

     

    Armanda Dos Santos : J’ai rencontrĂ© l’Ayurveda en 2010, j’avais 30 ans et mes mĂ©decins venaient de m’annoncer la possibilitĂ© de m’amputer la jambe. J’ai en effet eu un cancer des os Ă  l’ñge de 17 ans (communĂ©ment reconnu comme le « cancer des adolescents »). Je vis avec une prothĂšse totale du genou depuis. Seulement, Ă  un moment donnĂ© mon corps a fait un rejet (un gros rejet) de ce corps Ă©tranger. 

     

    Pendant 10 ans, j’ai subi 1 Ă  2 interventions par an pour endiguer l’inflammation chronique, nettoyer le genou, changer de matĂ©riel de la prothĂšse. Et pendant 10 ans j’ai pris une certaine quantitĂ© d’anti-inflammatoires et d’anti-douleurs jusqu’à ce que les mĂ©decins ne sachent plus quoi me prescrire.

     

    L’annonce d’amputation a Ă©tĂ© un rĂ©veil et un chemin de guĂ©rison totalement nouveau pour moi. A ce moment lĂ , et en parallĂšle Ă  mon boulot de journaliste, je poursuivais une formation de prof de Yoga. Me tourner vers l’Ayurveda a donc Ă©tĂ© une Ă©vidence, et la pratique des deux, ainsi que mon initiation Ă  la MĂ©ditation, a matchĂ© et m’a « sauvĂ©e ». J’ai rencontrĂ© alors une thĂ©rapeute en Ayurveda Ă  Paris.

    En changeant mon alimentation et mon mode de pensĂ©e, on a rĂ©ussi Ă  soigner l’inflammation en interne et en externe en Ă©vitant toute une catĂ©gorie d’aliments qui nourrissent naturellement les bactĂ©ries et dĂ©veloppent l’excĂšs de mucus dans le corps. GrĂące Ă  l’usage des Ă©pices comme le curcuma et le gingembre on a pu purifier mon systĂšme sanguin, apaiser la douleur et endiguer l’état inflammatoire. Et grĂące Ă  l’exercice de la MĂ©ditation, je suis rentrĂ©e en communication (voire mĂȘme en « communion ») avec ma jambe pour Ă©couter, comprendre ce qu’elle essayait de me dire. Je pensais alors avoir dĂ©jĂ  beaucoup travaillĂ© sur moi, beaucoup appris et « compris » depuis mon cancer
 mais on ne finit jamais d’apprendre !

     

    Tout ça pour moi a Ă©tĂ© tellement rĂ©volutionnaire et efficace que je n’ai plus jamais eu Ă  consulter de chirurgiens. J’ai soignĂ© ma jambe, j’ai gardĂ© ma prothĂšse, j’ai une meilleure connaissance de mon corps, de l’effet des aliments et de certaines substances sur mon corps. Mais surtout, j’ai pris conscience de combien le mental peut ĂȘtre une machine de mort fantastique ou un potentiel de vie extraordinaire. L’Ayurveda m’a responsabilisĂ©e. Et je me suis sentie libre. Rien ne m’em­pĂȘ­chait, si­non moi-mĂȘme.

     

    Quand mon corps manifestait une douleur, de deux choses l’une : soit il s’agissait d’une Ă©motion que je refoulais et d’une manifestation symptomatique, soit c’est que j’avais merdĂ© dans mon alimentation ou mon hygiĂšne de vie ! Mais dans les 2 cas c’est moi qui suis Ă  l’origine de cet Ă©tat. Ça change beaucoup la donne !

     

    C'est comme si j'avais gagné une seconde chance, une deuxiÚme vie, une opportunité de re-vivre.

    Je regarde la vie en pensant que: "Mon temps ici est limité, qu'est ce que je vais faire de ce temps? comment je veux contribuer dans le Monde? quelle trace je veux laisser ici? comment honorer cette chance qui m'est donnée? qu'est ce qui est essentiel pour moi ?".

    Je me sens privilégiée d'avoir été traversée par la maladie. Je ne serais pas devenue la femme que je suis si j'avais pas fait cette expérience, cette "traversée". A l'ùge de 17 ans, oui, c'est une chance énorme qui m'a fait gagner en maturité, en conscience et en gratitude pour la Vie. La maturité est un grand avantage, alors que je n'avais rien demandé à 17 ans !

    Depuis lors, mon cheminement en Ayurveda a Ă©tĂ© sans fin : c’est une quĂȘte permanente de connaissance de soi, comprĂ©hension de ce qui me convient le mieux, Ă  quel moment, en quelle quantitĂ© ? Je suis devenue mon propre laboratoire. Quand quel­qu’un prend une dé­ci­sion, il se plonge en fait dans un cou­rant im­pé­tueux qui l’em­porte vers une des­ti­na­tion qu’il n’a ja­mais en­tre­vue, mĂȘme en rĂȘve. Et il n’y a qu’une fa­çon d’ap­prendre, c’est par l’ac­tion !

     

    A-t-on dĂ©jĂ  rĂ©alisĂ© que chaque jour qui passe, c'est notre corps qui dit "Oui! Ă  un jour de plus"? parce qu'il y croit, lui ! quel que soit notre envie du jour, le corps y croit, il se rĂ©veille pour vivre et ĂȘtre lĂ  vivant. C'est un pur miracle !

     

    2. Comment la pratique ayurvĂ©dique s’intĂšgre dans ta vie au quotidien ? Ou comment la pratique Antique se modernise-t-elle chez toi ?

     

    Armanda Dos Santos : Dans ma pratique personnelle de l’Ayurveda ou du Yoga, je suis passĂ©e entre plusieurs phases : de la plus traditionaliste, voir puriste, Ă  la plus alĂ©atoire et dissolue, avant de trouver la « voie du milieu ». Il m’a fallu faire le tri entre ce qui me convenait et ce qui n’était pas adaptĂ© Ă  ma maniĂšre d’ĂȘtre ou de penser, Ă  mes convictions et au mode de vie que je souhaitais avoir.

    Quand j’apprends quelque chose et que je suis convaincue de son fondement, j’avais une grande tendance Ă  l’appliquer Ă  la lettre, de maniĂšre presque rigide. Je suis devenue thĂ©rapeute en Ayurveda, diplĂŽmĂ©e en Yoga. Je me suis formĂ©e en ventouse-therapie, en marmatherapie, en hypnotherapie, au taoĂŻsme. J’ai fait des Ă©tudes comparatives en mĂ©decine ayurvedique, chinoise, islamique et moderne. J’ai consultĂ©, interviewĂ© et collaborĂ© avec quelques grands noms de l’Ayurveda Ă  travers le monde tels que les docteurs Maya Tiwari, Robert Svoboda, Claudia Welch, Rama Prasad ou encore David Frawley. J’étais en quĂȘte de perfection et en Ă©merveillement permanent. J’avais mĂȘme envisagĂ© devenir nonne bouddhiste pour me sentir en parfaite cohĂ©rence avec mes convictions. J'Ă©tais jeune !

    Jusqu’à ce qu’un moment je m’arrĂȘte de « courir » et de chercher. Je suis rentrĂ©e en France, et j’ai commencĂ© Ă  transmettre ce qu’on m’avait moi-mĂȘme appris, Ă  enseigner, et Ă  vivre (!) comme une vraie parisienne, urbaine et trentenaire ! J’ai beau avoir Ă©tudiĂ© l’Ayurveda pendant 7 ans, le Yoga pendant 5 ans, avoir frĂ©quentĂ© des ashrams, des universitĂ©s et hĂŽpitaux ayurvediques en Inde, je ne suis pas indienne. Je ne suis pas sage. Et je ne suis pas mĂ©decin.

     

    Je suis juste une occidentale qui par le hasard de la vie a Ă©tĂ© amenĂ©e Ă  s’intĂ©resser Ă  des formes alternatives de soins, et qui s’en sert pour s’auto-soigner en cas de besoin, tout en vivant ma vie de la maniĂšre la plus banale qui soit. Mais en ayant pleinement conscience que "lors­qu’une chose Ă©vo­lue, tout ce qui est au­tour Ă©vo­lue de mĂȘme".

     

    La discipline est indispensable pour apprendre la maĂźtrise de concepts qui sont pour certains tellement Ă©loignĂ©s de notre culture et mode de pensĂ©e. Mais je pense qu’il faut ensuite savoir les « digĂ©rer », avoir l’intelligence de s’appliquer ce qui nous convient et pas Ă  la lettre, et faire preuve de « discrimination », de bon sens : il y a ce qui est Ă©crit, et puis il y a qui je suis. C’est le dilemme de la thĂ©orie et de la pratique.

     

    En l’occurrence pour nous thĂ©rapeutes en Ayurveda, il y a ce qui a Ă©tĂ© Ă©crit Ă  l’origine (il y a 5 000 ans), et il y a le monde d’aujourd’hui, l'individu d'aujourd'hui, l'Ă©tat de nos ressources aujourd'hui. L'Ă©tat du monde il y a 3 ou 5000 ans, Ă  l'Ă©poque des Rishis, Ă©tait un Ă©tat du monde. Et par consĂ©quent l'Ayurveda ne peut pas ĂȘtre appliquĂ©e de la sorte aujourd'hui, et ce, pour moults raisons: beaucoup d'espĂšces ont disparues depuis lors, nos modes de vie ont Ă©voluĂ© depuis lors, notre physiologie a aussi beaucoup changĂ© ! Notre mĂ©tier de thĂ©rapeute est d'appliquer la sagesse de l'Ayurveda, sa "MĂ©thode", sa capacitĂ© de "voir" et honorer l'individu comme un tout, plein et complexe; et non pas d'appliquer la MĂ©decine de maniĂšre dogmatique.

     

    On ne fait pas de l'Ayurveda pour apprendre l'histoire de l'Inde, manger indien, faire du Yoga et réciter des Mantras... c'est absolument absurde, dogmatique et insensé ! En plus de porter préjudice et faire du tord à toute la beauté de l'Ayurveda.

    Ayurveda, vient de Ayu (vie) et Veda (connaissance, science). Autrement dit, l'Ayurveda est l'Ă©tude de ce qu'est la "Vie": la vie Ă  l'intĂ©rieur de nous, la vie Ă  l'extĂ©rieur de nous, que vous soyez indien, chinois, finlandais, mexicain ou guinĂ©en ! Ça implique aussi l'Ă©tude et la connaissance de la faune, de la flore, de la biologie, de l'anthropologie, de l'Ă©cologie, de l'astronomie, de la politique... tout est Ayurveda.

     

    3. Quelles sont tes pratiques indispensables pour que tu te sentes bien ? Celles que tu maintiens quoi qu’il arrive ou auxquelles tu reviens quand tu en sens la nĂ©cessitĂ© ?

     

    Armanda Dos Santos : La mĂ©ditation sans aucune hĂ©sitation. Quelque que soit mon hygiĂšne de vie, mon alimentation, mon Ă©tat Ă©motionnel
 je me pose, je mĂ©dite, je prie. La spiritualitĂ© a une trĂšs grande place dans ma vie. La mĂ©ditation, la priĂšre, me mettent dans un Ă©tat d’éveil et de conscience. Ça me met dans un Ă©tat d’ "ĂȘtre" et de prĂ©sence Ă  moi-mĂȘme. Comme si aprĂšs le vacarme extĂ©rieur, ou malgrĂ© ce vacarme, je suis consciente de mes Ă©motions, de mes Ă©tats d’ñme, de ce qui se passe Ă  l’intĂ©rieur. Je suis en « Ă©coute », je reviens habiter mon corps et je lui apporte de l’attention, de l’amour, de la valorisation. C'est un "revenir Ă  la maison" ! 

     

    Et s’il m’arrive de pas comprendre toujours ce qu’il me dit, ce qui se joue Ă  l’intĂ©rieur, ni ce qu’il faudrait faire, j’accepte de pas voir le contrĂŽle et de laisser aller. J'accepte le chaos. Les choses peuvent aussi ĂȘtre telles qu’elles sont
 sans que ce soit un problĂšme. Elles peuvent ĂȘtre parfaites dans leur imperfection. Et je me dit "Anitya" ! Anitya signifie "impermanence". L'impermanence aussi comme promesse de changement. Et je me rappelle que tout est ça: cyclique, changeant, incontrĂŽlable.

     

    Rien de la vie, des saisons, de nos Ă©motions, de nos amours, de la santĂ©, ... n'est lĂ  pour durer. Tout est en mouvement permanent. Je suis une femme, j'ai un cycle menstruel, je suis "cyclĂ©e", c'est donc un Ă©tat que je peux comprendre car je le vis aussi dans mon corps: physiquement, Ă©motionnellement, physiologiquement. Pendant les diffĂ©rentes phases de mon cycle, mon humeur change, mon appĂ©tit change, mon sommeil change, mon Ă©nergie change, ma concentration change, ma crĂ©ativitĂ© change... plein de femmes vivent en moi ! On ne s’aper­çoit pas tou­jours que l’on par­court chaque jour un nou­veau che­min.

     

    Et c'est prĂ©cisĂ©ment la philosophie mĂȘme de la mĂ©decine ayurvedique: nous apprendre Ă  considĂ©rer la danse permanente des 3 Doshas en nous, Ă  l'extĂ©rieur de nous, tout autour de nous... et apprendre Ă  nous y adapter, sans nous y attacher, pour ne pas souffrir et ne pas se dĂ©sĂ©quilibrer. Apprendre Ă  nous apprivoiser, comme des ĂȘtres changeants, en constante Ă©volution, dans un monde lui-mĂȘme en perpĂ©tuelle mutation, entourĂ©s d'individus, eux-mĂȘme en constante ebulition, et subissant des variations climatiques, Ă©conomiques, sociales tout aussi changeantes et challengentes !

     

    Or, nous sommes humains et on voudrait tous vivre un Ă©ternel printemps, dans un Ă©tat de paix intĂ©rieur permanent, et des amours Ă©ternels et absolus ! et nous nourrissons (trop!) souvent cette croyance que "ça y est, on a compris!", "ça y est, c'est rĂ©glĂ©, on ne se fera plus avoir!", "ça y est, on serait devenu illuminĂ©s!"... et puis il suffit d'un vide... et on recommence tout ! Peut-ĂȘtre Dieu a-t-il créé le dé­sert pour que l’homme puisse se ré­jouir Ă  la vue des pal­miers ! C'est un exercice humain d'"empuissancement".

     

    4. Quel est ton message au monde ? Que souhaites-tu partager ? Quels conseils ? (c’est une carte blanche, aussi n’hĂ©site pas si tu as un sujet particulier qui te tiens Ă  cƓur d’en parler)

     

    Armanda Dos Santos : Aucun ! je ne me sens pas suffisamment aboutie pour avoir un « message » en particulier. Si ce n’est peut-ĂȘtre de dire que, "Oui ! si vous un problĂšme : Aimez ! S’il se rĂ©sout pas : aimez plus fort ! S’il persiste et rĂ©cidive : aimez-le inconditionnellement !" La capacitĂ© Ă  aimer a un pouvoir magique inexplicable. Et ça, c'est en nous! et ça ne passe pas par les universitĂ©s !

     

  • Mon parcours & mon enseignement

    Du journalisme à la Médicine.

    Apprendre est ma premiĂšre passion, transmettre est la deuxiĂšme.

    Journaliste de profession pendant 13 ans, tant en presse Ă©crite qu’en tĂ©lĂ©vision, ma quĂȘte d’alternatives Ă  la mĂ©decine allopathique m’a conduite Ă  l’AyurvĂ©da. J’y ai dĂ©couvert une “mĂ©decine de l’IntĂ©rieur et de la responsabilisation”, prenant conscience de l’importance pour chacun de s’engager activement sur le chemin de sa propre santĂ©.

    AnimĂ©e par un profond dĂ©sir d’apprentissage et de prise de conscience, Ă  la fois personnelle et collective, j’ai suivi une formation Ă  l’Institut Français d’AyurvĂ©da Ă  Paris, puis Ă  Ayurveda & Consciences, oĂč j'ai Ă©tĂ© Ă©lĂšve et formatrice, avant de me perfectionner en Inde, Ă  l’UniversitĂ© AyurvĂ©dique de Jamnagar, dans le Gujarat. LĂ , j’ai Ă©tĂ© initiĂ©e aux diverses branches de la MĂ©decine telles que l’hygiĂšne et la santĂ© positive (Swasthavritta), la pharmacopĂ©e ayurvĂ©dique (Dravyguna, Rasa-Shastra, Bhaishajya Kalpana), le diagnostic et la pathogenĂšse (Nidana), les traitements ayurvĂ©diques (Chikitsa), le Panchakarma, la thĂ©rapie de Rasayana (thĂ©rapie de rajeunissement), les techniques chirurgicales traditionnelles telles que Ksharasutra, Agnikarma, et l’application des sangsues (Jalakavacharana).

    À mon retour en France, je me suis formĂ©e Ă  la Ventouse-thĂ©rapie au CNRSV (Centre National de Recherche et Soin en Ventouses) puis Ă  la Hijama Clinic de Luton, en Angleterre. PassionnĂ©e de Yoga, et plus encore de MĂ©ditation, j’ai obtenu mon diplĂŽme de professeur d’Hatha Yoga Ă  l’Institut Maharshi Patanjali, avant de m’initier au Kundalini Yoga Ă  Londres avec Maya Fiennes et au Tantra avec Francesca Krim. C’est Ă  Londres, au centre Jivita Ayurveda, que j’ai vĂ©ritablement lancĂ© ma carriĂšre de thĂ©rapeute ayurvĂ©dique, ou comment articuler des enseignements d'Ayurveda classique, avec les dĂ©fis actuels.

    Permettez-moi d'exprimer ici ma profonde gratitude envers mes enseignants qui m’ont guidĂ©e et inspirĂ©e au fil des ans. Leur sagesse et leur gĂ©nĂ©rositĂ© ont Ă©tĂ© des phares sur mon chemin. À travers les enseignements de maĂźtres tels que Sri Aurobindo, Satprem, Vasant Lad, David Frawley, Maya Tiwari, Claudia Welch et Robert Svoboda, j’ai pu puiser dans les racines profondes, et les diverses nuances, de l’Ayurveda.

    Ma profonfe gratitude et ma reconnaissance Ă  mon merveilleux enseignant Edgar Morin.

    Ma profonfe gratitude et ma reconnaissance éternelle à mon premier guide Thich Nhat Hanh.

    Ma profonfe gratitude et mon amour Ă  Soeur Giac Nghiem.

    Merci Ă  Michael Pollan, IrĂšne Grosjean, Marion Kaplan, Thierry Casasnovas, Dr. Michael Greger, Arouna Lipschitz, Christiane Gonzo,

    merci aussi à Dr. Mindy Pelz, Dr Guillaume Fond, Vaidya Matheus Macedo, Karina Gomes, Florence Pinheiro Ortolan, Dani Sabino, Karoline Ro, Fateh Ji, Luc Maudonnet ... autant de personnes qui me permettent d'élargir ma perspective en apportant tant d'éclairages et de nuances à ma tradition.

    J'ai bien conscience que ma destinĂ©e en Ayurveda aurait Ă©tĂ© tout autre sans mon passage par l'UniversitĂ© AyurvĂ©dique de Jamnagar; sans la direction, l'orientation et la patience de Dr Mandip Goyal, notre responsable de Promo, et elle-mĂȘme responsable du dĂ©partement de Kayachikitsa; sans les enseignements de Prof. Laxmipriya Dei, Vd. Dhananjay V. Patel, Prof. Arjun Singh Baghel du DĂ©partement d'Ayurveda Samhita et Siddhanta; de Prof. Shilpakumari B Donga du DĂ©partement de Kaumarabhrutya; du Prof. Rabinarayan Acharya du DĂ©partement de Dravyaguna; de Prof. Anup Thakar du DĂ©partement de Panchakarma. Je rĂ©alise oh! combien, tous leurs enseignements raisonnent encore en nous, et ont, inĂ©vitablement, marquĂ© ma maniĂšre d'approcher et cheminer l'AyurvĂ©da.

    Mon enseignement: apprendre à questionner nos Âmes et nos existences.

    “Si les rois savaient ce que nous portons dans nos poitrines, ils nous tueraient pour nous l’arracher”, disent les pieux savants.

     

    Nous vivons dans une sociĂ©tĂ© oĂč la simplicitĂ©, la gĂ©nĂ©rositĂ©, la compassion, et la bontĂ© sont souvent perçues comme des qualitĂ©s “extraordinaires”. Pourtant, ces vertus ne sont rien d’autre que l’expression la plus naturelle de notre humanitĂ©. Faire preuve d’humanitĂ© n’est pas un exploit, c’est notre essence mĂȘme. Ce n’est pas un exploit d’accomplir une bonne action. En revanche, consacrer chaque semaine trois heures Ă  rendre visite aux personnes ĂągĂ©es ou malades, donner rĂ©guliĂšrement une part de son revenu pour nourrir des orphelins, ou offrir chaque jour un repas Ă  un sans-abri, voilĂ  ce qui tĂ©moigne d’une maturitĂ© de conscience.

     

    “Ceux qui sont bons envers toutes les crĂ©atures, qui ne jalousent pas, qui sont dignes de confiance, qui recherchent la paix, qui rĂ©flĂ©chissent avant d’agir, qui sont vigilants, qui jouissent des trois piliers de la vie (la vertu, l’abondance et le plaisir) sans nuire aux autres, qui respectent leurs supĂ©rieurs, qui maĂźtrisent leurs passions, leur colĂšre, leur envie et leur orgueil, qui se consacrent Ă  des actes de charitĂ©, Ă  la mĂ©ditation, Ă  l’acquisition de connaissances, Ă  une vie paisible, qui comprennent et honorent la spiritualitĂ©, et qui Ɠuvrent pour la vie prĂ©sente et la vie future, ceux-lĂ  mĂšnent une vie utile ; les autres non.”

    (Charaka – Samhitā, sĆ«trasthāna, chapitre 30, ƛloka 24)

     

    Les savants nous rappellent : “Et a rĂ©ussi celui qui a purifiĂ© son Ăąme, a purifiĂ© son ego
 et a perdu celui qui a corrompu son Ăąme, par ego et par passions”. Comprenons que : un cƓur adouci n’est pas de l’humilitĂ©, c’est de la luciditĂ©. Ce n’est pas exceptionnel, c’est normal.

     

    La vĂ©ritable question est : sommes-nous des Ă©clairĂ©s ou des illuminĂ©s ? L’éveil spirituel est une Ă©tape que chacun d’entre nous traverse Ă  diffĂ©rents moments de la vie, chacun Ă  son rythme. Si nous parlons dâ€™â€œĂ©veil”, c’est que nous Ă©tions auparavant “endormis”. Endormis par quoi ? Notre ego, nos passions, les maladies de l’ñme (mensonge, tromperie, Ă©goĂŻsme, jalousie, agressivité ).

     

    Cet â€œĂ©veil” peut faire de nous des ĂȘtres â€œĂ©clairĂ©s” ou des “illuminĂ©s”.

    Est “illuminĂ©â€ celui qui, vivant dans les tĂ©nĂšbres, aperçoit parfois la lumiĂšre. Prenons l’exemple de quelqu’un qui suit une formation ou lit un livre extraordinaire et, sur le moment, ressent une prise de conscience, un enthousiasme, car son Ăąme a trouvĂ© une source inspirante. Mais dĂšs que cette source s’éloigne (la formation se termine, le livre est lu, les personnes qui l’inspiraient ne sont plus lĂ ), elle retourne Ă  ses anciennes habitudes. Elle pourra se “rĂ©illuminer” en reprenant ses notes, en suivant une nouvelle formation, ou en lisant un autre livre. Mais cette personne n’est pas â€œĂ©clairĂ©e”, elle est simplement “illuminĂ©e” de temps en temps.

     

    Est â€œĂ©clairĂ©â€ celui ou celle qui, en recevant la lumiĂšre, la cultive, la prĂ©serve par tous les moyens nĂ©cessaires.

    Bien sĂ»r, cette lumiĂšre sera plus intense Ă  certains moments de notre vie qu’à d’autres. Avec le quotidien, notre lumiĂšre, notre conscience, peut vaciller. La question essentielle est : “Lorsque cette lumiĂšre diminue, jusqu’à quel point diminue-t-elle ?” Retourne-t-elle aux tĂ©nĂšbres des maladies de l’ñme ou diminue-t-elle lĂ©gĂšrement ?

     

    Comment savoir si nous sommes â€œĂ©clairĂ©s” ou “illuminĂ©s”, sans nous mentir Ă  nous-mĂȘmes, sans hypocrisie ? Le vĂ©ritable test est le changement dans la durĂ©e. AprĂšs une formation, aprĂšs avoir terminĂ© un livre, lorsque nous sommes seuls, avons-nous vraiment changĂ© ?

    En fin de compte, la question Ă  se poser est : cette lumiĂšre, cette conscience, est-elle restĂ©e ? Est-ce que cette lumiĂšre est un simple habit, un masque que nous portons parfois, ou est-elle devenue une caractĂ©ristique permanente de notre personnalitĂ© ? Par exemple, ma droiture est-elle devenue une partie intĂ©grante de qui je suis ou est-ce un vĂȘtement que je mets occasionnellement ?

     

    L'Ayurveda, médecine d'auto-responsabilisation, vient nous questionner à cet endroit-là.

    Combien sommes nous en coherence avec nos existences, nos valeurs et nos actions ?

     

    “Les causes de la maladie, qu’elles soient physiques ou mentales, sont au nombre de trois : une utilisation incorrecte, insuffisante ou excessive du temps, des facultĂ©s intellectuelles et des objets des sens.”

    (Charaka – Samhitā, sĆ«trasthāna, chapitre 1, ƛloka 54)

     

    “La santĂ©, tout comme la maladie, est façonnĂ©e par le corps et l’esprit. Une utilisation Ă©quilibrĂ©e (du temps, des facultĂ©s intellectuelles et des objets des sens) est la cause de la santĂ©.”

    (Charaka – Samhitā, sĆ«trasthāna, chapitre 1, ƛloka 55)

     

    “Les facteurs pathogùnes du corps sont Vāyu, Pitta et Kapha, et ceux de l’esprit sont rajas et tamas.”

    (Charaka – Samhitā, sĆ«trasthāna, chapitre 1, ƛloka 57)

     

    “Les facteurs pathogĂšnes du corps sont traitĂ©s par des thĂ©rapies physiques et des rituels religieux ; les facteurs pathogĂšnes de l’esprit sont traitĂ©s par l’étude et la connaissance spirituelle, la patience, la mĂ©moire et la mĂ©ditation.”

    (Charaka – Samhitā, sĆ«trasthāna, chapitre 1, ƛloka 58)

     

    Ma question est, (et lorsque je l'ecris, je me la pose à moi aussi en premier lieu), "et si nous osions devenir notre propre laboratoire, les véritables acteurs de notre santé ?"

     

    Armanda Dos Santos

    Ma voie est (et restera) moniale.

    Aujourd’hui, devant la vie, devant ce qui me dĂ©passe et me fonde, j'ai renouvellĂ© mon chemin dans la voie moniale,

    j’ai renouvelĂ© le vƓu de marcher en SādhvÄ« dans la sociĂ©tĂ©.

    J’ai confirmĂ© ma marche sur ce chemin de dĂ©pouillement, et rĂ©affirmĂ© mon orientation vers une vie consacrĂ©e, Ă  vivre en nonne intĂ©rieure dans le monde, mais tournĂ©e vers l’essentiel.

    Je choisis la vérité (satya) comme axe,

    la simplicité comme maison,

    la connaissance (jnana) comme lumiÚre, et la dévotion comme respiration.


    Je renouvelle mon vƓu de discipline intĂ©rieure, pour que le feu en moi reste clair et bienveillant.

    Je renouvelle mon vƓu de non-attachement, pour aimer sans possĂ©der et offrir sans retenir.

    Je renouvelle mon vƓu de service, pour que ce que j’apprends puisse circuler vers d’autres.


    Je m’engage à marcher avec un cƓur plus large, un regard plus doux, une parole plus juste.
    Je reconnais mes limites, j’accueille mes ombres, et j’offre mes forces.
    Que ce chemin soit celui de la vérité, de la clarté, de la maturation lente du coeur..

    Je prends ces vƓux non comme des obligations, mais comme une amitiĂ© profonde envers moi-mĂȘme.

    Je les renouvelle humblement, avec le désir de devenir plus vraie, plus libre, plus aimante.

    Aujourd’hui, je dĂ©pose mes pas dans le silence.

    Je ne demande rien.

    Je ne réclame rien.

    Je me rends disponible.

    Je choisis la voie simple : celle oĂč l’on avance avec peu,

    avec un cƓur qui apprend Ă  se dĂ©lester

    et un esprit qui s’éclaire lentement.


    Je fais le vƓu de vĂ©ritĂ©,

    non pas comme un étendard,

    mais comme une lampe fragile que je protĂšge du vent.


    Je fais le vƓu de simplicitĂ©,

    pour que la vie devienne respirable,

    pour que je puisse entendre ce qui murmure en dessous du bruit.


    Je fais le vƓu de garder un feu intĂ©rieur - humble, clair, sans orgueil -

    un feu qui ne brĂ»le personne mais affine ce qu’il touche.

    Je fais le vƓu d’aimer

    sans retenir,

    sans serrer,

    sans marchander.

    Je suis une femme qui marche dans le monde comme on traverse un temple :

    avec lenteur,

    avec respect,

    avec un peu de tremblement.

    Je ne cherche ni rĂŽle, ni place, ni titre.

    Je cherche un cƓur plus vaste,

    une conscience moins sombre,

    un souffle plus libre.


    Si un jour je peux Ă©clairer quelqu’un,

    mĂȘme un instant,

    que ce soit par la clartĂ© que j’aurai gagnĂ©e

    et non par ce que j’aurai appris à montrer.


    Que ma vie soit une offrande discrĂšte.

    Qu’elle serve,

    qu’elle apaise,

    qu’elle rende plus vrai.


    Et que ce chemin, quel qu’il soit, me conduise au lieu oĂč l’ñme cesse de trembler.

    Mes vƓux personnels - Satya Khalsa Amrita

    1. VƓu de vĂ©ritĂ© (Satya)

    Je m’engage à revenir, autant que possible, à ce qui est vrai en moi.

    À ne pas travestir ma parole, mes actes ou mes intentions.

    À laisser la lumiùre du discernement guider ma vie.

    2. VƓu de simplicitĂ©

    Je choisis une vie dĂ©pouillĂ©e de l’inutile, lĂ©gĂšre, orientĂ©e vers l’essentiel.

    Je renonce à la dispersion, à l’accumulation, aux excùs qui obscurcissent l’esprit.

    3. VƓu de maĂźtrise intĂ©rieure (Tapas)

    Je m’engage à cultiver une discipline douce mais constante,

    à entretenir le feu qui purifie, éclaire et redresse.

    Tapas non comme lutte, mais comme fidélité à ma propre maturation.

    4. VƓu de dĂ©votion (Bhakti)

    Je choisis de nourrir un cƓur ouvert, tournĂ© vers le sacrĂ©.

    Un cƓur qui ne rĂ©clame rien, mais qui offre tout.

    Un cƓur qui se souvient que l’amour est un chemin autant qu’une force.

    5. VƓu de connaissance (Jñāna)

    Je m’engage Ă  Ă©tudier, contempler, comprendre.

    À dissoudre les illusions plutĂŽt qu’à y rĂ©sister.

    À laisser la clartĂ© remplacer la confusion.

    6. VƓu de non-attachement (Aparigraha)

    Je choisis d’aimer sans possĂ©der, de donner sans attendre.

    De ne retenir ni les personnes, ni les situations, ni les idées.

    De laisser chaque chose suivre sa nature.

    7. VƓu de solitude vivante

    Je prĂ©serve un espace intĂ©rieur oĂč le silence peut revenir,

    oĂč je peux Ă©couter, sentir, comprendre.

    La solitude n’est pas une fuite : elle est mon terrain de vĂ©ritĂ©.

    8. VƓu de service (Sevā)

    Je m’engage Ă  transmettre, Ă  soutenir, Ă  Ă©clairer selon mes moyens.

    À mettre ma connaissance au service de ce qui Ă©lĂšve.

    À enseigner non depuis une position, mais depuis une offrande.

    9. VƓu de renoncement

    Je renonce Ă  ce qui obscurcit le cƓur, Ă  ce qui dĂ©tourne, Ă  ce qui abaisse.

    Je choisis de laisser tomber ce qui doit mourir pour que le vrai puisse vivre.

    10. VƓu de libertĂ© intĂ©rieure (MokáčŁa)

    Je marche vers une conscience plus claire, plus ouverte, plus paisible.

    Je choisis la voie qui ne possÚde rien mais révÚle tout.

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    Om gate gate paragate parasamgate bodhi svaha.

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    Laissez moi rĂȘver

    Laissez-moi rĂȘver, non pas de ce monde qu’on nous impose, mais d’un monde que l’on n’ose plus imaginer. Laissez-moi fermer les yeux et m’abandonner Ă  cet espace intĂ©rieur oĂč le possible est infini, oĂč les limites n’existent que pour ĂȘtre transcendĂ©es.

     

    Dans mes rĂȘves, le temps n’est pas une ligne droite, il est un cercle qui englobe tout, oĂč passĂ©, prĂ©sent et futur se confondent dans une harmonie parfaite. Ici, il n’y a ni peur, ni doute, seulement l’éclat pur de l’existence, brute et belle. Laissez-moi rĂȘver d’un monde oĂč l’amour n’est pas un mot usĂ©, mais une force vivante, qui pulse dans chaque ĂȘtre, dans chaque feuille, dans chaque Ă©toile.

     

    Laissez-moi rĂȘver d’une terre oĂč les cicatrices de l’humanitĂ© sont guĂ©ries par la douceur du pardon, oĂč les blessures du cƓur sont apaisĂ©es par le simple fait de respirer l’air pur de la libertĂ©. Un monde oĂč les Ăąmes s’élĂšvent ensemble, soutenues par la sagesse ancienne de la Terre, oĂč chaque ĂȘtre est reconnu pour sa lumiĂšre intĂ©rieure, pour son essence divine.

     

    Dans ce rĂȘve, je suis un arbre aux racines profondes, ancrĂ© dans la Terre MĂšre, et mes branches s’étendent vers le ciel, vers l’infini, touchant l’inconnu avec confiance. Je suis l’ocĂ©an calme, dont les vagues bercent les rivages, portant avec elles les histoires des Ăąges, des histoires de renaissance et de sĂ©rĂ©nitĂ©.

     

    Laissez-moi rĂȘver, car dans mes rĂȘves, je retrouve ce que l’on a oubliĂ© : le lien sacrĂ© qui nous unit Ă  tout ce qui est. Laissez-moi rĂȘver, car dans ces rĂȘves, je ne fais qu’effleurer la vĂ©ritĂ© — celle qui murmure que tout est dĂ©jĂ  lĂ , que nous sommes dĂ©jĂ  complets, que le voyage n’est pas une quĂȘte de l’extĂ©rieur, mais un retour Ă  soi, Ă  cet espace sacrĂ© oĂč tout est possible.

     

    Laissez-moi rĂȘver, car dans ces rĂȘves, je me rappelle qui nous sommes vraiment.

     

    Armanda Dos Santos

     

    #newhumanity

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