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Trsna - Lorsque nous avons soif de quelque chose que rien ne peut desaltérer.

· Ayurveda
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Charaka emploie le terme Trsna pour parler de la soif, et lui donne une véritable profondeur clinique : elle peut être corporelle, pathologique, liée aux Doshas, à l’épuisement, à la chaleur, mais aussi comporter une dimension psychique.

Et cette dernière me semble terriblement contemporaine.

La soif mentale commence souvent par une sensation simple : ce qui est là ne suffit pas. Il faut autre chose.
Une nouvelle expérience.
Une nouvelle relation.
Un nouvel achat.
Une nouvelle formation.
Un nouveau voyage.
Une nouvelle information.
Une nouvelle reconnaissance.
Un nouveau projet.
Encore un écran à regarder. Encore quelque chose à comprendre, obtenir, devenir.

Le problème n’est évidemment pas le désir. Le désir met la vie en mouvement. Le problème commence lorsque l’objet change continuellement, mais que la sensation de manque demeure. Nous obtenons ce que nous voulions. Un soulagement apparaît. Puis, très vite, la “soif” revient. C’est là que Trsna devient une notion intéressante pour penser notre époque : nous avons construit une société extrêmement performante pour répondre aux désirs, mais beaucoup moins compétente pour interroger la source de cette insatisfaction permanente.

Nous cherchons alors à remplir ce qui, peut-être, ne demande pas à être rempli car la soif mentale possède une particularité : plus on lui donne sans la comprendre, plus elle peut apprendre à demander.
Elle disperse l’attention. Elle entretient Rajas, le mouvement incessant du mental. Elle sollicite continuellement les sens. Elle rend le silence inconfortable. Et surtout, elle nous éloigne progressivement de Santosha, cette capacité à éprouver que quelque chose peut être suffisamment complet pour que nous n’ayons pas immédiatement besoin d’autre chose.

Alors la thérapeutique ne consiste pas nécessairement à renoncer au désir: elle commence par l’observer.
De quoi ai-je réellement soif ?
Est-ce mon corps qui demande ?
Mon mental ?
Une peur ?
Un manque affectif ?
Une habitude de stimulation ?
Est-ce un besoin véritable ou simplement l’incapacité à rester quelques instants avec ce qui est déjà là ?

Cette distinction est fondamentale parce qu’une soif réelle doit être désaltérée mais une soif mentale répétitive demande parfois autre chose : du silence, de la stabilité, du discernement, une limitation volontaire des stimulations, et suffisamment de présence pour ne pas répondre immédiatement à chaque impulsion.

Ressentez vous cette liberté ?
Etre capable de ressentir une soif… sans être immédiatement obligé de boire à tout ce que le monde nous propose.

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