
Étudier la nutrition ayurvédique (selon Charaka), c’est aller bien au-delà d’une liste d’aliments « bons pour Vāta », « mauvais pour Pitta » ou « à éviter pour Kapha ». Charaka nous apprend d’abord à penser.
Un aliment n’est jamais réduit à une étiquette. Il faut considérer sa prakṛti, sa nature propre, mais aussi son origine, son habitat, son mode de croissance ou de vie, sa maturité, la partie utilisée, sa transformation par le saṃskāra, la quantité consommée, son association avec d’autres substances. Et cela ne suffit pas.
Il faut ensuite considérer celui qui va le recevoir : son agni, sa force, son âge, son terrain, ses habitudes, son sātmya, la saison, le lieu, l’état actuel des doshas, de son coeur (hrdaya) et ses dhātus. Autrement dit, Charaka ne nous enseigne pas seulement quoi manger. Il nous enseigne comment raisonner à partir d’un aliment.
À partir d’une simple substance commence alors une véritable enquête :Qu’est-elle par nature ? Qu’est-elle devenue par son histoire et sa préparation ? Quelles qualités porte-t-elle aujourd’hui ? Et que produiront ces qualités lorsqu’elles rencontreront cette personne précise, à ce moment précis ?
C’est là que commence véritablement la nutrition clinique ayurvédique. Non pas dans l’application mécanique de règles « Vāta-Pitta-Kapha », mais dans l’apprentissage d’une méthode de pensée capable de relier dravya, guṇa, agni, desha, kāla, mātrā, saṃskāra et puruṣa.
La nutrition n’est pas une liste de prescriptions, stériles, dogmatiques; c’est un exercice de discernement (yukti).
Formation Ahara Vijnana - Nutrition Ayurvedique, selon Charaka Samhita, Octobre-Juin.
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