• Accueil
  • Ayurveda
  • Qui suis-je
  • Formations 
    • Programme
    • Formation Thérapeute
    • Masterclass Immersion d'Été
  • Immersions
  • Mes livres
  • Méditations
  • Articles
  • Me contacter

Avant de soigner, apprendre à vivre : les fondations communes du Yoga et de l’Ayurveda

Pourquoi l’éthique précède toujours la pratique

· Tantra

Il existe une remarquable convergence entre la vision de Yoga Sūtra de Patañjali et celle de Charaka Saṁhitā. Toutes deux affirment que la transformation durable de l'individu ne commence pas par une technique, mais par une manière de vivre.

On ne construit pas un temple par son toit. Il nous faut des racines avant les fruits. De meme, la transformation commence bien avant les pratiques. L’ordre juste, c'est par là où commence la guérison, stable, saine et durable.

Dans les Yoga Sūtra, les deux premières branches sont les Yama et les Niyama. Avant même d’aborder les Āsana, Patañjali place l’éthique, la discipline personnelle et la qualité de la relation à soi, aux autres et au monde. Ce n’est pas un hasard. Un corps peut être extrêmement souple sans que le mental soit libre. Une pratique posturale, aussi élaborée soit-elle, ne peut porter tous ses fruits si l’esprit demeure dominé par la violence, l’avidité, l’agitation ou le mensonge. Les Yama et les Niyama constituent donc les fondations sur lesquelles le reste du yoga pourra s’élever.

Charaka développe exactement le même raisonnement dans un contexte médical. Avant les remèdes, avant les plantes, avant les purifications, il enseigne Dinācaryā, l’hygiène quotidienne, puis Sadvṛtta, l’hygiène éthique, comportementale et mentale, afin de constuire Dhrti, une "posture" (ou Asana), la capacité de "demeurer" sans se fragmenter. Le thérapeute ne commence pas par prescrire un médicament ; il commence par observer si le mode de vie et de pensée du patient est coherent et compatible avec la santé.

Pourquoi ? Parce qu’aucun traitement ne peut durablement compenser une existence qui produit chaque jour les causes mêmes de la maladie. Si les habitudes alimentaires demeurent délétères, si le sommeil est insuffisant, si les émotions ne sont jamais régulées, si les sens sont constamment surstimulés, si les paroles, les relations ou les comportements entretiennent Rajas et Tamas, alors le traitement agit à contre-courant. Il devient un effort permanent pour réparer ce que le mode de vie continue de détruire.

Dans les deux traditions, la logique est identique : les pratiques ne transforment réellement que lorsqu’elles reposent sur un terrain préparé.

Les Yama et les Niyama préparent le mental à la stabilité. Dinācaryā prépare le corps à l’équilibre. Sadvṛtta prépare les relations, les émotions, l’intelligence, l'immunité, la resilience, à un fonctionnement juste. Ensemble, ils créent un terrain où Hrdaya s''apaise, Prana est fluide, Agni peut rester stable, où les Doṣa s’équilibrent plus facilement, où le mental devient plus clair, et où la pratique spirituelle cesse d’être une simple expérience ponctuelle pour devenir un état progressivement intégré.

Cette idée dépasse largement le yoga et l’Ayurveda. Toute construction durable commence par ses fondations. On ne construit pas un temple en commençant par son toit. On ne plante pas un arbre en s’occupant d’abord de ses fruits. De même, on ne peut espérer une méditation profonde, une santé stable ou une véritable liberté intérieure si les bases de l’existence quotidienne demeurent désordonnées.

C’est sans doute l’un des enseignements les plus actuels de ces deux sciences. Notre époque cherche volontiers des techniques toujours plus sophistiquées : nouvelles postures, nouveaux protocoles, nouveaux compléments, nouvelles thérapies. Patañjali comme Charaka rappellent une vérité plus exigeante : la profondeur d’une pratique ne dépend pas d’abord de sa complexité, mais de la qualité du terrain sur lequel elle prend racine.

Autrement dit, les protocoles thérapeutiques, les Āsana, les Prāṇāyāma, les plantes ou les Pañcakarma ne constituent pas les fondations. Ils sont les étages supérieurs de l’édifice. Les véritables fondations sont invisibles : la manière de manger, de dormir, de parler, de ressentir, de travailler, de se comporter, de penser, d’habiter chaque journée et de questionner son existence, avec verité et sans violence. C’est l'entrainement à cette cohérence quotidienne qui est la base de notre formation/education en Ayurveda dans la pensée de Charaka, et qui rend possible une transformation stable. Cet entrainement demandera du temps, de la discipline, et de la repetition, afin de créer Smrti, de la memoire cellulaire. Sans cet entrainement repetitif de ce qui est pathya/hita (benefique, sain, heureux, utile), sans cette base, toute pratique, tout soin, produit des effets temporaires.

S'abonner
Billet précédent
L’autophagie : un parallèle avec Laṅghana Chikitsa
Billet suivant
 Revenir au site
Photo de profil
Annuler
Utilisation des cookies
Nous utilisons des cookies pour améliorer l'expérience de navigation, la sécurité et la collecte de données. En acceptant, vous consentez à l'utilisation de cookies à des fins publicitaires et d'analyse. Vous pouvez modifier vos paramètres de cookies à tout moment. En savoir plus
Accepter tout
Paramètres
Refuser Tout
Paramètres des Cookies
Ces cookies sont destinés pour des fonctionnalités de base telles que la sécurité, la gestion du réseau et l'accessibilité. Ces cookies ne peuvent pas être désactivés.
Ces cookies nous aident à mieux comprendre comment les visiteurs interagissent avec notre site web et nous aident à découvrir les erreurs de navigation.
Ces cookies permettent au site web de se souvenir des choix que vous avez faits afin de fournir une fonctionnalité et une personnalisation améliorées.
Enregistrer