• Accueil
  • Ayurveda
  • Qui suis-je
  • Formations 
    • Programme
  • Immersions
  • Mes livres
  • Méditations
  • Articles
  • Me contacter

Sātmya : même une mauvaise habitude ne se retire pas brutalement.

· Ayurveda

C’est l’un des enseignements de Charaka que je trouve les plus intelligents lorsqu’on accompagne réellement des personnes.

Nous savons identifier ce qui est « mauvais ».

  • Le sucre.
  • Les excitants.
  • Les aliments ultra-transformés.
  • Les repas tardifs.
  • Le manque de sommeil.
  • La sédentarité.
  • Des rythmes désorganisés.

Alors nous voulons supprimer. Dès demain : plus de sucre, plus de café, dîner à 18 h, coucher à 22 h, sport quatre fois par semaine, nouvelle alimentation. Sur le papier, tout est parfait. Mais Charaka introduit une donnée beaucoup plus subtile : Sātmya.

Sātmya, c’est ce qui est devenu adapté, familier, compatible avec l’organisme par l’usage et la répétition. Et c’est là que les choses deviennent intéressantes : quelque chose peut être objectivement imparfait et avoir pourtant acquis une certaine compatibilité avec la personne parce que son corps et son mental s’y sont adaptés. Cela ne signifie pas qu’il faut le conserver. Cela signifie que l’organisme possède une histoire dont le traitement doit tenir compte.

Charaka enseigne ainsi que certaines habitudes défavorables, devenues habituelles, ne doivent pas nécessairement être supprimées brutalement.

  • On les diminue progressivement, par fractions.
  • Et simultanément, on introduit progressivement ce qui est plus favorable.

Autrement dit... on ne crée pas seulement un vide. On organise une transition. C’est une immense leçon d’éducation thérapeutique parce que savoir qu’une chose nous nuit ne signifie absolument pas que nous soyons immédiatement capables de vivre sans elle.

48–51 Un aliment, une boisson ou une conduite malsaine auxquels une personne s’est habituée ne doivent pas être supprimés brusquement.

On les abandonne progressivement, par quarts. Parallèlement, les habitudes favorables sont introduites progressivement, selon des intervalles adaptés.

La suppression brutale d’une habitude malsaine, tout comme l’adoption soudaine et incorrecte d’une habitude saine, peut provoquer des maladies.

Lorsque les facteurs nocifs diminuent progressivement et que les qualités favorables se développent graduellement, la santé devient stable et les troubles ne réapparaissent pas.

L’homme avisé ne doit donc pas renforcer les doṣa déjà accumulés en continuant à s’adonner à des conduites malsaines.

Ashtanga Hrdayam, Sutrasthana, Chapitre 7, sloka 48-51

Un aliment peut être une habitude, mais il peut aussi être un rythme, un réconfort, une récompense, un lien social, une réponse à la fatigue, quelque chose autour duquel le corps a organisé ses sensations et le mental ses repères. Retirer brutalement sans comprendre cette fonction peut créer une nouvelle désorganisation. C’est particulièrement évident avec le sucre, le café, les horaires alimentaires ou le sommeil, mais cela vaut également pour l’activité physique, les rythmes professionnels, les écrans, les habitudes sociales.

Le changement thérapeutique ne consiste donc pas seulement à déterminer ce qui devrait disparaître. Il faut comprendre par quoi, à quel rythme et dans quelles conditions cela peut être remplacé. C’est toute la finesse de Charaka. On ne demande pas au patient de devenir immédiatement conforme à une vie idéale. On accompagne le vivant depuis l’endroit où il se trouve réellement, afin d'eviter une desorganisation trop importante dans le corps, dans le coeur, dans le mental, et surtout, afin de preserver sa sécurité interieure, facteur essentielle à Vata Dosha.

Ainsi, petit à petit, l’ancien Sātmya perd sa place. Une autre régularité apparaît. Le corps apprend. Le mental apprend. Et ce qui demandait initialement un effort devient progressivement familier. On construit un nouveau Sātmya.

C’est peut-être là l’une des différences fondamentales entre une injonction de santé et une véritable thérapeutique. L’injonction dit : « Arrête, c’est mauvais. » La clinique demande : « Comment allons-nous rendre le changement suffisamment progressif pour que votre organisme puisse réellement l’intégrer ? »

Charaka avait compris quelque chose d’essentiel : un changement n’est pas réussi parce qu’il est juste. Il est réussi lorsqu’il est devenu vivable; lorsqu'il n'est plus un effort mais un nouveau trait de notre personnalité.

S'abonner
Billet précédent
Le vrai piège du "bien-être" c'est de ne rien apprendre...
 Revenir au site
Photo de profil
Annuler
Utilisation des cookies
Nous utilisons des cookies pour améliorer l'expérience de navigation, la sécurité et la collecte de données. En acceptant, vous consentez à l'utilisation de cookies à des fins publicitaires et d'analyse. Vous pouvez modifier vos paramètres de cookies à tout moment. En savoir plus
Accepter tout
Paramètres
Refuser Tout
Paramètres des Cookies
Ces cookies sont destinés pour des fonctionnalités de base telles que la sécurité, la gestion du réseau et l'accessibilité. Ces cookies ne peuvent pas être désactivés.
Ces cookies nous aident à mieux comprendre comment les visiteurs interagissent avec notre site web et nous aident à découvrir les erreurs de navigation.
Ces cookies permettent au site web de se souvenir des choix que vous avez faits afin de fournir une fonctionnalité et une personnalisation améliorées.
Enregistrer