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  • Quelques mots brefs sur qui je suis, d'où je viens et où je tends aller.

    Je suis éducatrice en Santé, auteure, nonne, et formatrice en Ayurveda depuis 2013.

    L'Ayurvéda n'est pas mon métier, l'Ayurveda est mon Dharma, ma quête de vie, de sens, de sagesse et de santé.

  • DU CANCER À L'AYURVÉDA

    Laissez-moi vous raconter mon histoire, car sans le Cancer, l'Ayurveda n'aurait jamais été aussi présent dans ma vie. J'ai rencontré le Cancer à trois reprises, et c'est grâce à ces épreuves que mon parcours en Ayurveda s'est approfondi, devenant à la fois personnel et académique. Je témoigne pour inspirer les autres, pour partager mon expérience et encourager ceux qui sont dans une situation similaire. J'ai choisi de transmettre les enseignements de l'Ayurveda afin qu'ils puissent être bénéfiques pour d'autres personnes. J'accompagne les individus dans leur parcours d'auto-guérison, tout comme j'ai été soutenue moi-même. Cette histoire est celle d'une rencontre entre le Cancer et ma passion pour l'Ayurveda.

     

    Je m'appelle Armanda Dos Santos, je suis thérapeute et formatrice en Ayurveda, et ceci est ma Méthode, inspirée par l'étude, et mon vécu personnel.

     

    Entretien réalisé par Céline Baltide 

     

    1. Bonjour Armanda, peux-tu me raconter ta rencontre avec l’Ayurveda et ton cheminement en Medecine jusqu’à aujourd’hui ? 

     

    Armanda Dos Santos : J’ai rencontré l’Ayurveda en 2010, j’avais 30 ans et mes médecins venaient de m’annoncer la possibilité de m’amputer la jambe. J’ai en effet eu un cancer des os à l’âge de 17 ans (communément reconnu comme le « cancer des adolescents »). Je vis avec une prothèse totale du genou depuis. Seulement, à un moment donné mon corps a fait un rejet (un gros rejet) de ce corps étranger. 

     

    Pendant 10 ans, j’ai subi 1 à 2 interventions par an pour endiguer l’inflammation chronique, nettoyer le genou, changer de matériel de la prothèse. Et pendant 10 ans j’ai pris une certaine quantité d’anti-inflammatoires et d’anti-douleurs jusqu’à ce que les médecins ne sachent plus quoi me prescrire.

     

    L’annonce d’amputation a été un réveil et un chemin de guérison totalement nouveau pour moi. A ce moment là, et en parallèle à mon boulot de journaliste, je poursuivais une formation de prof de Yoga. Me tourner vers l’Ayurveda a donc été une évidence, et la pratique des deux, ainsi que mon initiation à la Méditation, a matché et m’a « sauvée ». J’ai rencontré alors une thérapeute en Ayurveda à Paris.

    En changeant mon alimentation et mon mode de pensée, on a réussi à soigner l’inflammation en interne et en externe en évitant toute une catégorie d’aliments qui nourrissent naturellement les bactéries et développent l’excès de mucus dans le corps. Grâce à l’usage des épices comme le curcuma et le gingembre on a pu purifier mon système sanguin, apaiser la douleur et endiguer l’état inflammatoire. Et grâce à l’exercice de la Méditation, je suis rentrée en communication (voire même en « communion ») avec ma jambe pour écouter, comprendre ce qu’elle essayait de me dire. Je pensais alors avoir déjà beaucoup travaillé sur moi, beaucoup appris et « compris » depuis mon cancer… mais on ne finit jamais d’apprendre !

     

    Tout ça pour moi a été tellement révolutionnaire et efficace que je n’ai plus jamais eu à consulter de chirurgiens. J’ai soigné ma jambe, j’ai gardé ma prothèse, j’ai une meilleure connaissance de mon corps, de l’effet des aliments et de certaines substances sur mon corps. Mais surtout, j’ai pris conscience de combien le mental peut être une machine de mort fantastique ou un potentiel de vie extraordinaire. L’Ayurveda m’a responsabilisée. Et je me suis sentie libre. Rien ne m’em­pê­chait, si­non moi-même.

     

    Quand mon corps manifestait une douleur, de deux choses l’une : soit il s’agissait d’une émotion que je refoulais et d’une manifestation symptomatique, soit c’est que j’avais merdé dans mon alimentation ou mon hygiène de vie ! Mais dans les 2 cas c’est moi qui suis à l’origine de cet état. Ça change beaucoup la donne !

     

    C'est comme si j'avais gagné une seconde chance, une deuxième vie, une opportunité de re-vivre.

    Je regarde la vie en pensant que: "Mon temps ici est limité, qu'est ce que je vais faire de ce temps? comment je veux contribuer dans le Monde? quelle trace je veux laisser ici? comment honorer cette chance qui m'est donnée? qu'est ce qui est essentiel pour moi ?".

    Je me sens privilégiée d'avoir été traversée par la maladie. Je ne serais pas devenue la femme que je suis si j'avais pas fait cette expérience, cette "traversée". A l'âge de 17 ans, oui, c'est une chance énorme qui m'a fait gagner en maturité, en conscience et en gratitude pour la Vie. La maturité est un grand avantage, alors que je n'avais rien demandé à 17 ans !

    Depuis lors, mon cheminement en Ayurveda a été sans fin : c’est une quête permanente de connaissance de soi, compréhension de ce qui me convient le mieux, à quel moment, en quelle quantité ? Je suis devenue mon propre laboratoire. Quand quel­qu’un prend une dé­ci­sion, il se plonge en fait dans un cou­rant im­pé­tueux qui l’em­porte vers une des­ti­na­tion qu’il n’a ja­mais en­tre­vue, même en rêve. Et il n’y a qu’une fa­çon d’ap­prendre, c’est par l’ac­tion !

     

    A-t-on déjà réalisé que chaque jour qui passe, c'est notre corps qui dit "Oui! à un jour de plus"? parce qu'il y croit, lui ! quel que soit notre envie du jour, le corps y croit, il se réveille pour vivre et être là vivant. C'est un pur miracle !

     

    2. Comment la pratique ayurvédique s’intègre dans ta vie au quotidien ? Ou comment la pratique Antique se modernise-t-elle chez toi ?

     

    Armanda Dos Santos : Dans ma pratique personnelle de l’Ayurveda ou du Yoga, je suis passée entre plusieurs phases : de la plus traditionaliste, voir puriste, à la plus aléatoire et dissolue, avant de trouver la « voie du milieu ». Il m’a fallu faire le tri entre ce qui me convenait et ce qui n’était pas adapté à ma manière d’être ou de penser, à mes convictions et au mode de vie que je souhaitais avoir.

    Quand j’apprends quelque chose et que je suis convaincue de son fondement, j’avais une grande tendance à l’appliquer à la lettre, de manière presque rigide. Je suis devenue thérapeute en Ayurveda, diplômée en Yoga. Je me suis formée en ventouse-therapie, en marmatherapie, en hypnotherapie, au taoïsme. J’ai fait des études comparatives en médecine ayurvedique, chinoise, islamique et moderne. J’ai consulté, interviewé et collaboré avec quelques grands noms de l’Ayurveda à travers le monde tels que les docteurs Maya Tiwari, Robert Svoboda, Claudia Welch, Rama Prasad ou encore David Frawley. J’étais en quête de perfection et en émerveillement permanent. J’avais même envisagé devenir nonne bouddhiste pour me sentir en parfaite cohérence avec mes convictions. J'étais jeune !

    Jusqu’à ce qu’un moment je m’arrête de « courir » et de chercher. Je suis rentrée en France, et j’ai commencé à transmettre ce qu’on m’avait moi-même appris, à enseigner, et à vivre (!) comme une vraie parisienne, urbaine et trentenaire ! J’ai beau avoir étudié l’Ayurveda pendant 7 ans, le Yoga pendant 5 ans, avoir fréquenté des ashrams, des universités et hôpitaux ayurvediques en Inde, je ne suis pas indienne. Je ne suis pas sage. Et je ne suis pas médecin.

     

    Je suis juste une occidentale qui par le hasard de la vie a été amenée à s’intéresser à des formes alternatives de soins, et qui s’en sert pour s’auto-soigner en cas de besoin, tout en vivant ma vie de la manière la plus banale qui soit. Mais en ayant pleinement conscience que "lors­qu’une chose évo­lue, tout ce qui est au­tour évo­lue de même".

     

    La discipline est indispensable pour apprendre la maîtrise de concepts qui sont pour certains tellement éloignés de notre culture et mode de pensée. Mais je pense qu’il faut ensuite savoir les « digérer », avoir l’intelligence de s’appliquer ce qui nous convient et pas à la lettre, et faire preuve de « discrimination », de bon sens : il y a ce qui est écrit, et puis il y a qui je suis. C’est le dilemme de la théorie et de la pratique.

     

    En l’occurrence pour nous thérapeutes en Ayurveda, il y a ce qui a été écrit à l’origine (il y a 5 000 ans), et il y a le monde d’aujourd’hui, l'individu d'aujourd'hui, l'état de nos ressources aujourd'hui. L'état du monde il y a 3 ou 5000 ans, à l'époque des Rishis, était un état du monde. Et par conséquent l'Ayurveda ne peut pas être appliquée de la sorte aujourd'hui, et ce, pour moults raisons: beaucoup d'espèces ont disparues depuis lors, nos modes de vie ont évolué depuis lors, notre physiologie a aussi beaucoup changé ! Notre métier de thérapeute est d'appliquer la sagesse de l'Ayurveda, sa "Méthode", sa capacité de "voir" et honorer l'individu comme un tout, plein et complexe; et non pas d'appliquer la Médecine de manière dogmatique.

     

    On ne fait pas de l'Ayurveda pour apprendre l'histoire de l'Inde, manger indien, faire du Yoga et réciter des Mantras... c'est absolument absurde, dogmatique et insensé ! En plus de porter préjudice et faire du tord à toute la beauté de l'Ayurveda.

    Ayurveda, vient de Ayu (vie) et Veda (connaissance, science). Autrement dit, l'Ayurveda est l'étude de ce qu'est la "Vie": la vie à l'intérieur de nous, la vie à l'extérieur de nous, que vous soyez indien, chinois, finlandais, mexicain ou guinéen ! Ça implique aussi l'étude et la connaissance de la faune, de la flore, de la biologie, de l'anthropologie, de l'écologie, de l'astronomie, de la politique... tout est Ayurveda.

     

    3. Quelles sont tes pratiques indispensables pour que tu te sentes bien ? Celles que tu maintiens quoi qu’il arrive ou auxquelles tu reviens quand tu en sens la nécessité ?

     

    Armanda Dos Santos : La méditation sans aucune hésitation. Quelque que soit mon hygiène de vie, mon alimentation, mon état émotionnel… je me pose, je médite, je prie. La spiritualité a une très grande place dans ma vie. La méditation, la prière, me mettent dans un état d’éveil et de conscience. Ça me met dans un état d’ "être" et de présence à moi-même. Comme si après le vacarme extérieur, ou malgré ce vacarme, je suis consciente de mes émotions, de mes états d’âme, de ce qui se passe à l’intérieur. Je suis en « écoute », je reviens habiter mon corps et je lui apporte de l’attention, de l’amour, de la valorisation. C'est un "revenir à la maison" ! 

     

    Et s’il m’arrive de pas comprendre toujours ce qu’il me dit, ce qui se joue à l’intérieur, ni ce qu’il faudrait faire, j’accepte de pas voir le contrôle et de laisser aller. J'accepte le chaos. Les choses peuvent aussi être telles qu’elles sont… sans que ce soit un problème. Elles peuvent être parfaites dans leur imperfection. Et je me dit "Anitya" ! Anitya signifie "impermanence". L'impermanence aussi comme promesse de changement. Et je me rappelle que tout est ça: cyclique, changeant, incontrôlable.

     

    Rien de la vie, des saisons, de nos émotions, de nos amours, de la santé, ... n'est là pour durer. Tout est en mouvement permanent. Je suis une femme, j'ai un cycle menstruel, je suis "cyclée", c'est donc un état que je peux comprendre car je le vis aussi dans mon corps: physiquement, émotionnellement, physiologiquement. Pendant les différentes phases de mon cycle, mon humeur change, mon appétit change, mon sommeil change, mon énergie change, ma concentration change, ma créativité change... plein de femmes vivent en moi ! On ne s’aper­çoit pas tou­jours que l’on par­court chaque jour un nou­veau che­min.

     

    Et c'est précisément la philosophie même de la médecine ayurvedique: nous apprendre à considérer la danse permanente des 3 Doshas en nous, à l'extérieur de nous, tout autour de nous... et apprendre à nous y adapter, sans nous y attacher, pour ne pas souffrir et ne pas se déséquilibrer. Apprendre à nous apprivoiser, comme des êtres changeants, en constante évolution, dans un monde lui-même en perpétuelle mutation, entourés d'individus, eux-même en constante ebulition, et subissant des variations climatiques, économiques, sociales tout aussi changeantes et challengentes !

     

    Or, nous sommes humains et on voudrait tous vivre un éternel printemps, dans un état de paix intérieur permanent, et des amours éternels et absolus ! et nous nourrissons (trop!) souvent cette croyance que "ça y est, on a compris!", "ça y est, c'est réglé, on ne se fera plus avoir!", "ça y est, on serait devenu illuminés!"... et puis il suffit d'un vide... et on recommence tout ! Peut-être Dieu a-t-il créé le dé­sert pour que l’homme puisse se ré­jouir à la vue des pal­miers ! C'est un exercice humain d'"empuissancement".

     

    4. Quel est ton message au monde ? Que souhaites-tu partager ? Quels conseils ? (c’est une carte blanche, aussi n’hésite pas si tu as un sujet particulier qui te tiens à cœur d’en parler)

     

    Armanda Dos Santos : Aucun ! je ne me sens pas suffisamment aboutie pour avoir un « message » en particulier. Si ce n’est peut-être de dire que, "Oui ! si vous un problème : Aimez ! S’il se résout pas : aimez plus fort ! S’il persiste et récidive : aimez-le inconditionnellement !" La capacité à aimer a un pouvoir magique inexplicable. Et ça, c'est en nous! et ça ne passe pas par les universités !

     

  • Mon parcours & mon enseignement

    Du journalisme à la Médicine.

    Apprendre est ma première passion, transmettre est la deuxième.

    Journaliste de profession pendant 13 ans, tant en presse écrite qu’en télévision, ma quête d’alternatives à la médecine allopathique m’a conduite à l’Ayurvéda. J’y ai découvert une “médecine de l’Intérieur et de la responsabilisation”, prenant conscience de l’importance pour chacun de s’engager activement sur le chemin de sa propre santé.

    Animée par un profond désir d’apprentissage et de prise de conscience, à la fois personnelle et collective, j’ai suivi une formation à l’Institut Français d’Ayurvéda à Paris, puis à Ayurveda & Consciences, où j'ai été élève et formatrice, avant de me perfectionner en Inde, à l’Université Ayurvédique de Jamnagar, dans le Gujarat. Là, j’ai été initiée aux diverses branches de la Médecine telles que l’hygiène et la santé positive (Swasthavritta), la pharmacopée ayurvédique (Dravyguna, Rasa-Shastra, Bhaishajya Kalpana), le diagnostic et la pathogenèse (Nidana), les traitements ayurvédiques (Chikitsa), le Panchakarma, la thérapie de Rasayana (thérapie de rajeunissement), les techniques chirurgicales traditionnelles telles que Ksharasutra, Agnikarma, et l’application des sangsues (Jalakavacharana).

    À mon retour en France, je me suis formée à la Ventouse-thérapie au CNRSV (Centre National de Recherche et Soin en Ventouses) puis à la Hijama Clinic de Luton, en Angleterre. Passionnée de Yoga, et plus encore de Méditation, j’ai obtenu mon diplôme de professeur d’Hatha Yoga à l’Institut Maharshi Patanjali, avant de m’initier au Kundalini Yoga à Londres avec Maya Fiennes et au Tantra avec Francesca Krim. C’est à Londres, au centre Jivita Ayurveda, que j’ai véritablement lancé ma carrière de thérapeute ayurvédique, ou comment articuler des enseignements d'Ayurveda classique, avec les défis actuels.

    Permettez-moi d'exprimer ici ma profonde gratitude envers mes enseignants qui m’ont guidée et inspirée au fil des ans. Leur sagesse et leur générosité ont été des phares sur mon chemin. À travers les enseignements de maîtres tels que Sri Aurobindo, Satprem, Vasant Lad, David Frawley, Maya Tiwari, Claudia Welch et Robert Svoboda, j’ai pu puiser dans les racines profondes, et les diverses nuances, de l’Ayurveda.

    Ma profonfe gratitude et ma reconnaissance à mon merveilleux enseignant Edgar Morin.

    Ma profonfe gratitude et ma reconnaissance éternelle à mon premier guide Thich Nhat Hanh.

    Ma profonfe gratitude et mon amour à Soeur Giac Nghiem.

    Merci à Michael Pollan, Irène Grosjean, Marion Kaplan, Thierry Casasnovas, Dr. Michael Greger, Arouna Lipschitz, Christiane Gonzo,

    merci aussi à Dr. Mindy Pelz, Dr Guillaume Fond, Vaidya Matheus Macedo, Karina Gomes, Florence Pinheiro Ortolan, Dani Sabino, Karoline Ro, Fateh Ji, Luc Maudonnet ... autant de personnes qui me permettent d'élargir ma perspective en apportant tant d'éclairages et de nuances à ma tradition.

    J'ai bien conscience que ma destinée en Ayurveda aurait été tout autre sans mon passage par l'Université Ayurvédique de Jamnagar; sans la direction, l'orientation et la patience de Dr Mandip Goyal, notre responsable de Promo, et elle-même responsable du département de Kayachikitsa; sans les enseignements de Prof. Laxmipriya Dei, Vd. Dhananjay V. Patel, Prof. Arjun Singh Baghel du Département d'Ayurveda Samhita et Siddhanta; de Prof. Shilpakumari B Donga du Département de Kaumarabhrutya; du Prof. Rabinarayan Acharya du Département de Dravyaguna; de Prof. Anup Thakar du Département de Panchakarma. Je réalise oh! combien, tous leurs enseignements raisonnent encore en nous, et ont, inévitablement, marqué ma manière d'approcher et cheminer l'Ayurvéda.

    Mon enseignement: apprendre à questionner nos Âmes et nos existences.

    “Si les rois savaient ce que nous portons dans nos poitrines, ils nous tueraient pour nous l’arracher”, disent les pieux savants.

     

    Nous vivons dans une société où la simplicité, la générosité, la compassion, et la bonté sont souvent perçues comme des qualités “extraordinaires”. Pourtant, ces vertus ne sont rien d’autre que l’expression la plus naturelle de notre humanité. Faire preuve d’humanité n’est pas un exploit, c’est notre essence même. Ce n’est pas un exploit d’accomplir une bonne action. En revanche, consacrer chaque semaine trois heures à rendre visite aux personnes âgées ou malades, donner régulièrement une part de son revenu pour nourrir des orphelins, ou offrir chaque jour un repas à un sans-abri, voilà ce qui témoigne d’une maturité de conscience.

     

    “Ceux qui sont bons envers toutes les créatures, qui ne jalousent pas, qui sont dignes de confiance, qui recherchent la paix, qui réfléchissent avant d’agir, qui sont vigilants, qui jouissent des trois piliers de la vie (la vertu, l’abondance et le plaisir) sans nuire aux autres, qui respectent leurs supérieurs, qui maîtrisent leurs passions, leur colère, leur envie et leur orgueil, qui se consacrent à des actes de charité, à la méditation, à l’acquisition de connaissances, à une vie paisible, qui comprennent et honorent la spiritualité, et qui œuvrent pour la vie présente et la vie future, ceux-là mènent une vie utile ; les autres non.”

    (Charaka – Samhitā, sūtrasthāna, chapitre 30, śloka 24)

     

    Les savants nous rappellent : “Et a réussi celui qui a purifié son âme, a purifié son ego… et a perdu celui qui a corrompu son âme, par ego et par passions”. Comprenons que : un cœur adouci n’est pas de l’humilité, c’est de la lucidité. Ce n’est pas exceptionnel, c’est normal.

     

    La véritable question est : sommes-nous des éclairés ou des illuminés ? L’éveil spirituel est une étape que chacun d’entre nous traverse à différents moments de la vie, chacun à son rythme. Si nous parlons d’“éveil”, c’est que nous étions auparavant “endormis”. Endormis par quoi ? Notre ego, nos passions, les maladies de l’âme (mensonge, tromperie, égoïsme, jalousie, agressivité…).

     

    Cet “éveil” peut faire de nous des êtres “éclairés” ou des “illuminés”.

    Est “illuminé” celui qui, vivant dans les ténèbres, aperçoit parfois la lumière. Prenons l’exemple de quelqu’un qui suit une formation ou lit un livre extraordinaire et, sur le moment, ressent une prise de conscience, un enthousiasme, car son âme a trouvé une source inspirante. Mais dès que cette source s’éloigne (la formation se termine, le livre est lu, les personnes qui l’inspiraient ne sont plus là), elle retourne à ses anciennes habitudes. Elle pourra se “réilluminer” en reprenant ses notes, en suivant une nouvelle formation, ou en lisant un autre livre. Mais cette personne n’est pas “éclairée”, elle est simplement “illuminée” de temps en temps.

     

    Est “éclairé” celui ou celle qui, en recevant la lumière, la cultive, la préserve par tous les moyens nécessaires.

    Bien sûr, cette lumière sera plus intense à certains moments de notre vie qu’à d’autres. Avec le quotidien, notre lumière, notre conscience, peut vaciller. La question essentielle est : “Lorsque cette lumière diminue, jusqu’à quel point diminue-t-elle ?” Retourne-t-elle aux ténèbres des maladies de l’âme ou diminue-t-elle légèrement ?

     

    Comment savoir si nous sommes “éclairés” ou “illuminés”, sans nous mentir à nous-mêmes, sans hypocrisie ? Le véritable test est le changement dans la durée. Après une formation, après avoir terminé un livre, lorsque nous sommes seuls, avons-nous vraiment changé ?

    En fin de compte, la question à se poser est : cette lumière, cette conscience, est-elle restée ? Est-ce que cette lumière est un simple habit, un masque que nous portons parfois, ou est-elle devenue une caractéristique permanente de notre personnalité ? Par exemple, ma droiture est-elle devenue une partie intégrante de qui je suis ou est-ce un vêtement que je mets occasionnellement ?

     

    L'Ayurveda, médecine d'auto-responsabilisation, vient nous questionner à cet endroit-là.

    Combien sommes nous en coherence avec nos existences, nos valeurs et nos actions ?

     

    “Les causes de la maladie, qu’elles soient physiques ou mentales, sont au nombre de trois : une utilisation incorrecte, insuffisante ou excessive du temps, des facultés intellectuelles et des objets des sens.”

    (Charaka – Samhitā, sūtrasthāna, chapitre 1, śloka 54)

     

    “La santé, tout comme la maladie, est façonnée par le corps et l’esprit. Une utilisation équilibrée (du temps, des facultés intellectuelles et des objets des sens) est la cause de la santé.”

    (Charaka – Samhitā, sūtrasthāna, chapitre 1, śloka 55)

     

    “Les facteurs pathogènes du corps sont Vāyu, Pitta et Kapha, et ceux de l’esprit sont rajas et tamas.”

    (Charaka – Samhitā, sūtrasthāna, chapitre 1, śloka 57)

     

    “Les facteurs pathogènes du corps sont traités par des thérapies physiques et des rituels religieux ; les facteurs pathogènes de l’esprit sont traités par l’étude et la connaissance spirituelle, la patience, la mémoire et la méditation.”

    (Charaka – Samhitā, sūtrasthāna, chapitre 1, śloka 58)

     

    Ma question est, (et lorsque je l'ecris, je me la pose à moi aussi en premier lieu), "et si nous osions devenir notre propre laboratoire, les véritables acteurs de notre santé ?"

     

    Armanda Dos Santos

    Ma voie est (et restera) moniale.

    Aujourd’hui, devant la vie, devant ce qui me dépasse et me fonde, j'ai renouvellé mon chemin dans la voie moniale,

    j’ai renouvelé le vœu de marcher en Sādhvī dans la société.

    J’ai confirmé ma marche sur ce chemin de dépouillement, et réaffirmé mon orientation vers une vie consacrée, à vivre en nonne intérieure dans le monde, mais tournée vers l’essentiel.

    Je choisis la vérité (satya) comme axe,

    la simplicité comme maison,

    la connaissance (jnana) comme lumière, et la dévotion comme respiration.


    Je renouvelle mon vœu de discipline intérieure, pour que le feu en moi reste clair et bienveillant.

    Je renouvelle mon vœu de non-attachement, pour aimer sans posséder et offrir sans retenir.

    Je renouvelle mon vœu de service, pour que ce que j’apprends puisse circuler vers d’autres.


    Je m’engage à marcher avec un cœur plus large, un regard plus doux, une parole plus juste.
    Je reconnais mes limites, j’accueille mes ombres, et j’offre mes forces.
    Que ce chemin soit celui de la vérité, de la clarté, de la maturation lente du coeur..

    Je prends ces vœux non comme des obligations, mais comme une amitié profonde envers moi-même.

    Je les renouvelle humblement, avec le désir de devenir plus vraie, plus libre, plus aimante.

    Aujourd’hui, je dépose mes pas dans le silence.

    Je ne demande rien.

    Je ne réclame rien.

    Je me rends disponible.

    Je choisis la voie simple : celle où l’on avance avec peu,

    avec un cœur qui apprend à se délester

    et un esprit qui s’éclaire lentement.


    Je fais le vœu de vérité,

    non pas comme un étendard,

    mais comme une lampe fragile que je protège du vent.


    Je fais le vœu de simplicité,

    pour que la vie devienne respirable,

    pour que je puisse entendre ce qui murmure en dessous du bruit.


    Je fais le vœu de garder un feu intérieur - humble, clair, sans orgueil -

    un feu qui ne brûle personne mais affine ce qu’il touche.

    Je fais le vœu d’aimer

    sans retenir,

    sans serrer,

    sans marchander.

    Je suis une femme qui marche dans le monde comme on traverse un temple :

    avec lenteur,

    avec respect,

    avec un peu de tremblement.

    Je ne cherche ni rôle, ni place, ni titre.

    Je cherche un cœur plus vaste,

    une conscience moins sombre,

    un souffle plus libre.


    Si un jour je peux éclairer quelqu’un,

    même un instant,

    que ce soit par la clarté que j’aurai gagnée

    et non par ce que j’aurai appris à montrer.


    Que ma vie soit une offrande discrète.

    Qu’elle serve,

    qu’elle apaise,

    qu’elle rende plus vrai.


    Et que ce chemin, quel qu’il soit, me conduise au lieu où l’âme cesse de trembler.

    Mes vœux personnels - Satya Khalsa Amrita

    1. Vœu de vérité (Satya)

    Je m’engage à revenir, autant que possible, à ce qui est vrai en moi.

    À ne pas travestir ma parole, mes actes ou mes intentions.

    À laisser la lumière du discernement guider ma vie.

    2. Vœu de simplicité

    Je choisis une vie dépouillée de l’inutile, légère, orientée vers l’essentiel.

    Je renonce à la dispersion, à l’accumulation, aux excès qui obscurcissent l’esprit.

    3. Vœu de maîtrise intérieure (Tapas)

    Je m’engage à cultiver une discipline douce mais constante,

    à entretenir le feu qui purifie, éclaire et redresse.

    Tapas non comme lutte, mais comme fidélité à ma propre maturation.

    4. Vœu de dévotion (Bhakti)

    Je choisis de nourrir un cœur ouvert, tourné vers le sacré.

    Un cœur qui ne réclame rien, mais qui offre tout.

    Un cœur qui se souvient que l’amour est un chemin autant qu’une force.

    5. Vœu de connaissance (Jñāna)

    Je m’engage à étudier, contempler, comprendre.

    À dissoudre les illusions plutôt qu’à y résister.

    À laisser la clarté remplacer la confusion.

    6. Vœu de non-attachement (Aparigraha)

    Je choisis d’aimer sans posséder, de donner sans attendre.

    De ne retenir ni les personnes, ni les situations, ni les idées.

    De laisser chaque chose suivre sa nature.

    7. Vœu de solitude vivante

    Je préserve un espace intérieur où le silence peut revenir,

    où je peux écouter, sentir, comprendre.

    La solitude n’est pas une fuite : elle est mon terrain de vérité.

    8. Vœu de service (Sevā)

    Je m’engage à transmettre, à soutenir, à éclairer selon mes moyens.

    À mettre ma connaissance au service de ce qui élève.

    À enseigner non depuis une position, mais depuis une offrande.

    9. Vœu de renoncement

    Je renonce à ce qui obscurcit le cœur, à ce qui détourne, à ce qui abaisse.

    Je choisis de laisser tomber ce qui doit mourir pour que le vrai puisse vivre.

    10. Vœu de liberté intérieure (Mokṣa)

    Je marche vers une conscience plus claire, plus ouverte, plus paisible.

    Je choisis la voie qui ne possède rien mais révèle tout.

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    Om gate gate paragate parasamgate bodhi svaha.

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    Laissez moi rêver

    Laissez-moi rêver, non pas de ce monde qu’on nous impose, mais d’un monde que l’on n’ose plus imaginer. Laissez-moi fermer les yeux et m’abandonner à cet espace intérieur où le possible est infini, où les limites n’existent que pour être transcendées.

     

    Dans mes rêves, le temps n’est pas une ligne droite, il est un cercle qui englobe tout, où passé, présent et futur se confondent dans une harmonie parfaite. Ici, il n’y a ni peur, ni doute, seulement l’éclat pur de l’existence, brute et belle. Laissez-moi rêver d’un monde où l’amour n’est pas un mot usé, mais une force vivante, qui pulse dans chaque être, dans chaque feuille, dans chaque étoile.

     

    Laissez-moi rêver d’une terre où les cicatrices de l’humanité sont guéries par la douceur du pardon, où les blessures du cœur sont apaisées par le simple fait de respirer l’air pur de la liberté. Un monde où les âmes s’élèvent ensemble, soutenues par la sagesse ancienne de la Terre, où chaque être est reconnu pour sa lumière intérieure, pour son essence divine.

     

    Dans ce rêve, je suis un arbre aux racines profondes, ancré dans la Terre Mère, et mes branches s’étendent vers le ciel, vers l’infini, touchant l’inconnu avec confiance. Je suis l’océan calme, dont les vagues bercent les rivages, portant avec elles les histoires des âges, des histoires de renaissance et de sérénité.

     

    Laissez-moi rêver, car dans mes rêves, je retrouve ce que l’on a oublié : le lien sacré qui nous unit à tout ce qui est. Laissez-moi rêver, car dans ces rêves, je ne fais qu’effleurer la vérité — celle qui murmure que tout est déjà là, que nous sommes déjà complets, que le voyage n’est pas une quête de l’extérieur, mais un retour à soi, à cet espace sacré où tout est possible.

     

    Laissez-moi rêver, car dans ces rêves, je me rappelle qui nous sommes vraiment.

     

    Armanda Dos Santos

     

    #newhumanity

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